vendredi 4 juin 2010

Le monde entier aux chutes du Niagara

A mi-chemin entre Boston et Detroit, nous nous arrêtons aux chutes du Niagara.
Les Horseshoe Falls (chutes du fer à cheval), situées côté canadien, sont larges, bruyantes, et en cette journée ensoleillée, l'air est gorgé d'eau.

On ne survit que rarement à une chute à travers les chutes. Quelques casse-cou un peu fous ont tenté l'aventure, et quelques uns seulement en sont sortis indemnes, dont Annie Taylor, une veuve, ancienne maîtresse d'école qui n'avait pas de pension de retraite et qui pensait gagner un peu d'argent en racontant comment elle avait survécu à la descente des chutes du Niagara dans un tonneau (cf. photo ci-dessous)


Les mouettes, qui s'agglutinent sur une petîte île en amont de la cascade, semblent au courant, et luttent contre le vent pour ne pas être emportées.

Comme souvent dans les attractions touristiques, le site est un peu amoché par les galeries marchandes, les hôtels gratte-ciel qui proposent des chambres "fallsview", les funiculaires et vols en hélicoptère. Mais c'est un spectacle en soi d'observer les milliers de touristes, du monde entier, qui viennent voir cette merveille de la nature.

jeudi 3 juin 2010

100% Elvis

En route pour Detroit !
Nous partons en mini-van de location. 
Aller en train dans la capitale de l'automobile n'est pas possible - sauf pour le trajet Detroit-Chicago et Detroit-Cleveland, la ville n'est plus desservie par le rail depuis janvier 1988. 
Dommage: nous aurions bien aimé arriver dans la gare, belle comme une cathédrale.

photo : Jeremy Blakeslee

Le voyage, à travers la nouvelle Angleterre, puis le nord de l'Etat de New York, les Adirondacks, en passant par les chutes du Niagara et le sud de l'Ontario est quand même très agréable. Et quand on s'ennuie sur les highways, il y a la radio. 

Nous en découvrons une assez étonnante : "All Elvis". Elle ne passe que des chansons d'Elvis Presley ! Son slogan : "There have been 44 presidents, but only one king" ("Il y a eu 44 présidents, mais seulement un king").

Voici une de nos chansons préférées d'Elvis, Jailhouse Rock :






mercredi 2 juin 2010

Le bed and breakfast de Thoreau



Avant de quitter Boston, nous avions envie de nous promener autour de l'étang de Walden, à Concord. C'est là où Henry David Thoreau a tenu la chronique de sa vie dans les bois pendant deux ans, deux mois et deux jours.

En lisant les journaux, nous apprenons qu'il y a eu des inondations autour de Walden. Tous les sentiers de randonnée sont condamnés.

Arrivés à Concord, qui est aussi la ville où vivaient l'écrivain transcendentaliste Ralph Waldo Emerson et Louisa May Alcott (l'auteure de "Little Women", en français, "Les quatre filles du docteur March"), nous faisons une halte à la librairie. Dans les rayons nous sommes heureux de découvrir de nouvelles aventures de "Henry", les livres pour enfants inspirés de la vie de Thoreau que notre amie Aude nous avait conseillés ("Le voyage d'Henry", cf. la critique sur le site de Chemins Verts http://cheminsverts.org/spip.php?article7).

Là bas, clients et libraires nous dissuadent d'aller à Walden Pond à pied. Ce n'est pas prévu pour les piétons, il faut traverser une route très passante et dangereuse. Donc nous y allons en voiture. En chemin, nous voyons de très jolis community gardens, mais Concord, c'est surtout une banlieue prospère, avec des grandes maisons, et beaucoup de voitures qui circulent dans tous les sens (dont la nôtre, que nous venons de louer).

A hauteur de l'étang, nous entrons dans un parking avec distributeur de ticket - à 5 dollars la journée - et barrière filtrante. Il y a aussi une guérite qui vend des hot-dogs, une boutique de souvenirs et une chambre d'hôtes. Plutôt qu'un étang et une cabane dissimulés dans les bois, Walden est une plage !



La cabane de Thoreau, qu'il avait construite avec du bois de récupération, n'existe plus. Seul l'emplacement a été matérialisé, au bout d'un sentier (inaccessible à cause des inondations) dans les bois. A partir des descriptions dans "Walden", la Thoreau Society a reconstitué la petite maison près du parking : "Ten feet wide by fifteen feet long".

On peut entrer dans la pièce unique, s'asseoir sur une des trois chaises ("one for solitude, two for friendship, three for society") et s'imaginer la vie qu'a menée Thoreau dans sa thébaïde.


Sa retraite ne fut toutefois pas si solitaire qu'on se l'imagine généralement. Thoreau se rendait régulièrement à Concord pour voir ses amis écrivains et pour discuter avec les gens. Dans sa cabane, il reçut aussi de la visite : celle d'Emerson, qui lui avait prêté le terrain pour bâtir sa maison et cultiver ses légumes, celle d'un bûcheron canadien, ainsi qu'un esclave en fuite, à qui il accorda refuge.

"Walden", qui raconte sa vie simple dans les bois, et "La désobéissance civile", pamphlet dans lequel Thoreau explique pourquoi il refuse de verser l'impôt à un gouvernement fédéral qui cautionne l'esclavage dans le sud et mène la guerre au Mexique, inspirent aujourd'hui les objecteurs de croissance et les mouvements de lutte non-violente.

Nous vous recommandons ce texte, écrit par notre amie Yvette Bailly, du MAN (Mouvement pour une alternative non-violente). Elle raconte le parcours de Thoreau et explique la portée de son oeuvre, qui a notamment guidé l'action de Gandhi et de Martin Luther King Jr.
http://www.desobeissancecivile.org/thoreau.php

Quelqu'un est venu à vélo :


lundi 31 mai 2010

Une explosion d'émeraude


A deux pas du centre de Boston, dans les Back Bay Fens, subsistent des parcelles jardinées qui datent de la Deuxième guerre mondiale : les Victory Gardens.

Dans le cadre de l'effort de guerre, Eleanor Roosevelt, la femme du président Franklin D. Roosevelt, avait demandé aux Américains de produire des fruits et légumes en les cultivant derrière leur maison, pour leur consommation personnelle. La propagande de l'époque précisait qu'ainsi le gouvernement pourrait envoyer l'essentiel de la production agricole aux troupes envoyées sur les deux fronts, en Asie et en Europe.

Des espaces de démonstration furent créés dans des jardins publics au coeur de certaines grandes villes, comme Boston et San Francisco (photo ci-dessous).



On estime qu'au plus fort de leur activité, ces "jardins de la Victoire" ont représenté 40 % de la production de fruits et légumes aux Etats-Unis.

Aujourd'hui ces jardins ne subsistent que dans deux villes, Minneapolis et Boston. Ceux des Back Bay Fens sont d'autant plus remarquables qu'ils se sont maintenus dans un ensemble historique, le fameux "collier d'émeraude"(Emerald Necklace) dessiné autour de Boston par Frederick Law Olmsted, le paysagiste de Central Park.


Nous nous sommes promenés plusieurs fois dans les Victory Gardens, un des endroits les plus beaux et les plus surprenants de Boston. Lors de nos visites, les enfants rêvaient à haute voix de ce que eux planteraient s'ils avaient une parcelle. Chaque bout de terrain est différent : certains jardiniers donnent toute la place aux fleurs, d'autres ont aménagé un salon de plein air, ou cultivent très sérieusement des légumes.


Deux affiches de propagande datant de la Deuxième guerre mondiale : 





Aujourd'hui, le courant locavore, qui cherche à réorganiser le système agro-alimentaire américain en relocalisant une production agricole basée trop souvent sur d'absurdes food miles (kilomètres parcourus par nos aliments avant d'atterrir dans notre assiette), appelle à la création de Victory gardens contemporains.

Voici une affiche réalisée par Joe Wirtheim, un artiste de Portland, qui s'est inspiré de la propagande de la Deuxième guerre mondiale pour créer à son tour une série appelant ses concitoyens à composter et à cultiver des produits sans engrais ni pesticides :



Et un vélo-brouette créé par l'artiste Amy Franceschini à l'occasion de l'opération "Victory Gardens 2007" à San Francisco :











dimanche 30 mai 2010

La marche des zombies


Colombe : 


Hier, en sortant de l'aquarium de Boston, nous avons vu un défilé de gens recouverts de sang et qui poussaient des cris. Ils ressemblaient à des zombies. J'ai vu une dame qui avait le coeur qui sortait de son ventre. Certaines personnes avaient juste un iris, entouré de blanc, à la place des yeux. Il y avait aussi un monsieur qui s'était déguisé en policier et qui avait un croc qui lui sortait du bras. Certains faisaient vraiment peur.


Et puis nous nous sommes perdus, Octave et maman d'un côté, et Adrienne, papa et moi, de l'autre. Enfin, nous nous sommes retrouvés. Nous sommes allés goûter et il y avait des zombies qui mangeaient de la pizza à la table d'à côté.


Dans le métro nous avons aussi rencontré un couple de mariés morts-vivants.
Ils nous ont dit bonjour de l'autre côté du quai :

Explication trouvée sur Wikipédia : 
Un zombie day, ou zombie walk, est une manifestation publique de type Flash mob, au cours de laquelle les participants sont déguisés en zombies
Des zombie days ont été organisés dans plusieurs villes du monde comme San FranciscoLondresVienneBruxellesParis,
LyonStrasbourg ou encore La Chaux-de-Fonds.

et en anglais :

Social activism


A zombie walk in Pittsburgh, Pennsylvania.
Some zombie fans continue the George A. Romero (NDB : director of the Night of the Living Dead) tradition of using zombies as a social commentary. Organized zombie walks, which are primarily promoted through word of mouth, are regularly staged in some countries. Usually they are arranged as a sort of surrealist performance art but they are occasionally put on as part of a unique political protest.

vendredi 28 mai 2010

Avant la cérémonie

Colombe :

J’aime beaucoup Harvard parce que je trouve ça très beau et qu’il y a un jardin avec des grandes pelouses où nous pouvons faire des galipettes et du frisbee.
Avant hier, nous avons vu une jeune femme en robe noire sur une estrade répéter un discours qu'elle avait écrit en latin. Elle le connaissait par cœur. Ça racontait son enthousiasme d’apprendre des choses à Harvard.
Elle nous a dit ensuite qu'elle allait prononcer ce discours devant
30 000 personnes, le jour de la remise des diplômes (commencement). Elle aura peut-être le trac.
Ensuite, il y a eu une autre jeune fille (sans doute valedictorian aussi, c'est-à-dire major de sa promo), qui a fait un discours sur la biologie. Mais cette fois en anglais.


mercredi 26 mai 2010

Des fleurs qui ne fanent jamais


Adrienne :
Hier, nous sommes allés voir les fleurs en verre au Museum d'Histoire naturelle de Harvard.

Quand je suis entrée dans la salle, je ne pensais pas que ces fleurs étaient en verre, je pensais que c'était la partie "plantes" du musée.

Ces fleurs ont été fabriquées pour un professeur américain, George Lincoln Goodale, qui voulait enseigner la botanique à ses élèves. Pour qu'il puissent bien étudier les fleurs, quelle que soit la saison, il fallait qu'elles soit imitées dans le moindre petit détail. C'était plus précis et évocateur que des herbiers.
                                
                                      

Ce sont deux naturalistes et artisans du verre, Leopold (le père), et Rudolf (le fils), Blaschka qui les ont fabriquées.

La fabrication des fleurs de verre a duré 50 ans - de 1886 à 1936.

Leur studio était situé à Hosterwitz, près de Dresde en Allemagne. Ils ont créé environ 4.400 objets.

Les maquettes sont entièrement en verre, souvent renforcées à l'intérieur par un fil métallique.

Ils faisaient aussi des racines des graines des bourgeons pour que les botanistes puissent les étudier et des coupes longitudinales, grossies 50 fois.



Voici leur table de travail:


Malheureusement, certaines des fleurs commencent à s'abîmer, en raison d'un phénomène qui s'appelle la délamination.